Leporello
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Lettres d'adieu
Adieu Schengen
Je ne devais en réalité passer par là qu'à l'automne 2007, mais Irrumator, le chanteur d'Anaal Nathrak avait du fuir la Grande-Bretagne et comme je suis vieux je sers souvent de couverture à des jeunes qui veulent tirer un coup ailleurs ou échapper aux flics ; je suis insignifiant, inoffensif, les maris, les épouses et les officiers de police judiciaire s'y laissent prendre. Ceci dit, il fallait quitter l'espace Schengen, direction l'ex Yougo et la Voïvodine à cause de Piggy le québécois mort le 28 août ( même pas suicidé, le con). Piggy était le leader du groupe Voïvod, alors bon c'était une idée comme une autre. A Novi Sad, si tu remues la boue du Danube, tu fais remonter les métaux lourds déposés par les bombes américaines alors tu regrimpes le talus, tu essuies tes bottes et tu vas manger des oeufs de cane arrosés de Slibovice, tu écoutes un rocker serbe de ton âge (putain). Ici tu as une tristesse et un désespoir qui suintent de chaque mur, ici tu peux faire de la vraie musique sale. Ici le vieux rocker te raconte que son père et sa tante ont été éventrés par les papistes croates et qu'il cache son frère poursuivi pour viol (post-mortem, dit-il) sur une Bosniaque. Enfin pas poursuivi ici. Cet été il est allé écouter Vader c'était lugubre et violent comme une représentation de la Chauve-Souris à Charleroi, un dimanche en matinée, alors que les incontinences des vieilles rappellent le mystère de leur naissance entre pisse et fèces. " Between piss and shit we're born" c'est le très bon titre du dernier CD d'Anaal Nathrack. C'est là qu'est née aussi la catéchumène récemment convertie au catholicisme par le fils d'un polytechnicien forniqueur et qui pour l'heure repasse ses slips "Born Again" avenue de Wagram. Irrumator et moi on a balancé la bouteille vide dans le Danube et on lui jette des pierres. ( à part ça dans les dernières sorties j'aime bien Napalm Death et " Nothing Left for Fight For" de Malleus Maleficarum. Non c'est pas pour te faire plaisir, j'aimais pas le précédent.)
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Emma
Je ne voulais pas te dire adieu ; d'ailleurs je ne peux pas. On ne va pas raconter d'histoires, nous n'étions pas amis. Nous faisions partie du même système, comme Newton et sa boule ( Newton c'était toi, moi j'étais plutôt la boule, ou bien le mât - je ne sais pas- ou un rat du navire). C'est d'ailleurs pourquoi tu aurais fait une erreur en m'écrasant au volant de ta Porsche jaune comme tu l'envisageais : mon vélo t'aurait poursuivi dans l'au-delà et ses sacoches déchirées auraient été du plus mauvais effet là où tu es. Ou alors Albert Einstein, il était plus rigolo, colérique, aussi. ( J'essaie de choisir mes mots car tu comprendras que si l'espace-temps est bien homogène et isotrope, je prendrai des risques physiques chaque fois que ton étoile paraîtra). Bref , tu m'as fait aimer les poux ( mais pas les dauphins : jalousie), c'est bien la première fois de ma vie que j'ai eu envie d'aller à Monaco. Nous partagions la même appréciation philosophique sur la théologie chrétienne (arf). Je voulais discuter avec toi de Tom Paine, de Jefferson et d'Helena Rasiowa que tu aurais dépassée. Une agence de presse du Xinjiang rapporte que pour la première fois de toute l'histoire géologique un rayon d'étoile avait, cet été, fait naître une jolie fleur dans le désert du Taklamakan ; un jeune scientifique français (nobody's perfect) qui accompagnait la mission Ouigour dépêchée pour expertiser cette découverte s'aperçut que quand on l'agaçait, la fleur dégageait une odeur de pet ( tu ne devrais pas !). J'aurais aussi voulu discuter avec toi des mots et de leur mystère, des lettres et des signes, recueillir ton point de vue sur la dialectique et l'invariance. J'aurais souhaité entendre le chef de famille que tu devenais, j'aurais voulu saluer nounou, voir le coffre de bois blanc où sont rangés tes jouets d'enfant. J'aurais essayé de te convaincre de publier ou de faire un DVD (enfin, Emma, tu n'aurais quand même pas été obligée d'y intégrer la sixième saison de la star'ac). Je ne serais pas sorti indemne de cette rencontre que j'appréhendais. Je ne sors pas indemne de cette absence. Et arrête tes conneries avec tes rayons. Flivo
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Vivre
Vivre c'est d'essayer d'habiter son nom, d'entendre les vibrations des lettres qui le constituent, de voir la liberté des signes dans la mémoire effacée, se sentir la libération des images qui ont connu la force des origines et le balbutiement du Commencement. Extrait du journal d'Emma Mc Nab
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Quoi qu'il en soit
Aujourd'hui, je pleure et je saigne. http://alexandre.typepad.com/alexandre/2006/08/emma.html
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Adieu au bac
Une nouvelle génération d'orchidées de coquelicots et de pissenlits, contraints de se poser les mêmes douloureuses questions d'identité. Les résultats du bac ouvrent bien plus de mystères circulaires que l'occultisme. Il est parfois émouvant d'être l'avant-dernière vaguelette d'un rond dans l'eau finissant. D'autant que par ces chaleurs on peut imaginer en approchant la rive opposée que la jeune fille qui vous regarde depuis le pont de pierre laisse remonter la main d'un jeune homme le long de sa cuisse. Esthétique surannée des seventies ? Sans doute, mais cette tendresse ressentie comme la folie noire des fourragements de bas-ventre, de fer rouge, de jus et d'odeurs de mousse ternie sont une juste compensation. Morituri etc. Bienvenue, bon voyage. (en lisant les liens de Bigou et en écoutant The Guillemots, il est vrai)
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La flûte de vertèbres
En un toast à vous toutes qui m'avez plu et me plaisez, icônes bien gardées au creux de l'âme, comme une coupe je soulève mon crâne plein à ras bord de poésie. De plus en plus je me demande s'il ne serait pas mieux que je mette d'une balle un point final. Aujourd'hui à tout hasard je donne un concert d'adieu. Mémoire ! Rassemble dans ma salle cérébrale les files infinies des femmes chères. Verse le rire d'oeil en oeil. Pare la nuit en noces ancestrales. Verse la joie de chair en chair. Je vais jouer de la flûte aujourd'hui sur ma propre colonne vertébrale. Vladimir Maïakovski (1915)
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Rencontres lesbiennes
Je suis content, je rends fous les Google adds (chers robots de google vous me faites bander !)
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